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9月5日 En temps normal une simple information à la radio aurait suffi pour me
faire dire : « Les pires horreurs n’arrivent qu’aux autres. » Je sais
que c’est ironique. Ivan suit la route comme un vrai zombie. Il n y a
rien d’autre à faire. Rouler. René dort à l’arrière. Il a réussi à
trouver le sommeil, ou bien est-ce juste par fatigue. Il faut qu’il
consulte un psy de toute urgence ou cet évènement risque de l’emporter
dans la tombe déjà qu’il ne semble pas avoir les nerfs bien solides.
« Tu connais déjà la suite de l’histoire n’est-ce pas, Daniel ?
- Je le crains oui.
- Marcus va me pourchasser et m’exécuter. C’est une suite logique. Hervé Miller, Audrey Allard, Ivan Renfield…
- Puis Daniel Carmin…
- Et oui, tel est composé le nom de ce qui se nommait au départ Sujet
78. M pour Miller, A pour Allard, R pour Renfield, C pour Carmin, U
pour Ulrich et S pour Serrier : MARCUS.
- J’en avais presque oublié Laurent. Laurent Serrier, un arriviste fini mais un excellent chirurgien.
- On a perdu le contact avec lui, j’espère qu’il va bien.
- Oui mais pour l’instant il faut trouver un endroit où se réfugier et nous protéger du gamin. »
9月4日 Pour patienter en attendant la suite du docteur Carmin voici un petit bonus des archives du laboratoire 151.
"Ivan, augmente la pression s'il te plaît.
- Pression augmentée Daniel.
- Il a encore les yeux fermés. Allez bonhomme, dis au revoir au Seigneur une seconde."
(un homme entre dans la pièce)
"Daniel c'est Gordon, il attend des résultats, ça fait 5 jours qu'il a rien eu. Il menace de nous couper les subventions.
- Dis lui que je le rappelle, j'ai du boulot.
- Il exige le rapport avant ce soir.
- Je ne peux pas le rappeler maintenant, vois l'état de mes mains.
- Il vous rappelle Monsieur. (L'homme s'éloigne)
- Où est audrey ? J'ai besoin de serum.
(Audrey accourt)
- Je t'ai entendu Daniel, que se passe-t-il ?
- Il a bougé, j'ai vu ses doigts bouger.
- Humm, laisse moi voir ça. (long silence) Tu as raison, son coeur bats et son pouls semble bas mais rattrapable.
- Aurions nous réussi ?
- Eh bien je pense oui, préviens les autres.
- Non, c'est encore trop tôt. Laissons le dormir pour le moment. Je crois qu'il en a besoin.
- Repose toi bien Sujet 78" 9月1日 Je suis désolé pour tous les gens qui attendent la suite du docteur Carmin mais je ne suis pas très inspiré en ce moment et je préfère vous offrir quelque chose de qualité. Connaîtrez vous enfin l'horrible histoire du laboratoire 151 ? Sans nulle doute. Bonne journée à tous. 7月6日
« Tu as le goût du risque Daniel, dit José. Pour quel type de patient ce matériel doit-il servir ?
- Une anomalie.
- Un handicapé ?
- Ne sois pas insolent José, ce patient n’a rien d’un handicapé. C’est juste un ensemble dans lequel le chef d’orchestre se met à guider ses musiciens dans une symphonie de destruction. Ca te va ?
- Attila, mon carnet.
Son assistant part dans la réserve.
- Demain 9h du matin tu frappes à la grille, j’aurai ta commande. Prépare ton chéquier, le liquide est trop voyant.
Nous nous apprêtons à partir quand José intervient une dernière fois.
- Daniel. Prends ceci, t’en aura sûrement besoin. »
Il pose sur la table un pistolet et une boîte de cartouches.
Je les prend et sort du magasin. Ivan me suit.
« Il a lu dans tes pensées, ajoute-t-il.
- Ca fait longtemps que je le connais. On finit par tout deviner l’un de l’autre au regard et à la voix. »
Bon, en attendant il faut cacher le corps d’Audrey. René nous attend toujours à l’arrière de la voiture. Je repense encore à ce soir du 14 novembre où nous, les 6 chercheurs du laboratoire 151, avons fini par atteindre notre but sans nous douter que nous avions engendré un monstre.
Jusque là tout avait échoué mais lui était différent. La perfection même.
Parfois on me demande si je crois au destin. Ce genre d’idée m’a toujours parue assez floue. D’un côté certains pensent que tout est écrit et d’un autre les gens pensent que tout peut arriver à tout moment et que c’est à nous d’en décider. Je n’ai jamais eu d’enfants. Loin de moi l’idée de ne pas en vouloir mais je n’ai jamais eu l’occasion de mettre une femme enceinte. Ma dernière compagne ayant quitté ce monde il y’a bien longtemps des suites d’un cancer. Mon psy me disait que mon boulot de médecin légiste est un moyen pour moi d’essayer de combattre ce que je n’ai pu empêcher. En gros je cherche à la retrouver par un biais morbide. Il a en quelque sorte raison je pense. Une fois débarrassé de Marcus je prends une villa loin d’ici et je me refais une vie. J’ai trop traîné dans le domaine médical et scientifique. On voit tout défiler. Au bout de vingt ans de pratique du métier on a fait le tour de tout ce qui peut nous dégoûter. Voir les gens partir irrémédiablement sans pouvoir faire quoi que ce soit. Parfois je me dis qu’on contrecarre les plans de dame nature qui a répandu les maladies pour punir les hommes de leur comportement orgueilleux. Mais qui suis-je pour dire ça ? J’ai obéi aux ordres de gens voulant faire avancer la recherche à pas de géants. Mais nous avons brûlé les étapes. L’argent versé dans le laboratoire 151 était une pression infernale. Et à chaque raté nous devions nous justifier. Emergeant de mes pensées je mets la radio.
« …le prévenu a été condamné à 3 mois de prison avec sursis. Une découverte morbide dans un champ de Dansville. Des dizaines de cadavres d’enfants on été retrouvés ce matin alors que le propriétaire qui en avait fait acquisition il y a quelques semaines avait commencé à le labourer. L’homme a expliqué que sa machine semblait peiner à retourner la terre. Pensant qu’il s’agissait de pierres il est descendu vérifier et est tombé sur les cadavres décomposés. La police a été immédiatement alertée. » 6月29日 José est un commerçant un peu particulier, le quartier où il tient son commerce est spécialisé dans la vente de matériel informatique et électronique. A l'entrée dans le magasin on est immédiatement impressionné par la quantité de produits disponibles. De plus il travaille toujours jusqu'à des heures impossibles. C'est un peu ce qui me séduit dans cet endroit, la disponibilité. Il tient sa petite affaire avec une poigne d'acier, ça a toujours été ainsi et il ne compte pas changer de méthode. A l'entrée nous attend un grand homme carré aux longs cheveux noirs portant un t-shirt beige et un jean. Son visage tient plus du simiesque que de l'humain. « Bonsoir messieurs, que puis-je faire pour vous, demande-t-il ? - Te fatigue pas mon grand, on veut juste voir José, réponds-je. - Il ne souhaite pas être dérangé. - Il peut se bouger le cul pour Daniel Carmin. - Je vais voir avec lui » L'homme disparaît un instant. Un peu plus tard, la porte s'ouvre et un homme en gilet vert aux cheveux gris courts dissimulés par une visière apparaît. « Excuse-le Daniel, il ne te connaît pas. Que puis-je pour toi ? - Ce que j'aime chez toi c'est que l'on peut y trouver tout ce que l'on veut avec un peu d'effort. - Les efforts ça se monnaie tu sais. - Justement j'ai un marché à te proposer. Fournis moi une bouteille de chloroforme, un drap, du latex liquide, 2 scalpels, de la corde et un dictaphone. En échange de ça bien sûr tu fais ton prix en argent ou en nature. » Sans ciller un sourcil José me regarde dans les yeux. Ce genre de commande n'est pas régulière. 6月27日 Ivan démarre et nous nous dirigeons plein ouest. Le vieil homme à l'arrière pleure encore. « Comment vous appelez-vous, demande-je ? - René Bolin, monsieur. - Enchanté René, je me nomme Daniel Carmin et mon collègue se nomme Ivan Renfield. - Je ne voulais aucun mal à cette femme, sanglote-t-il. Je ne la connaissais même pas. - Je sais mais ce gamin est trop intelligent et se sert des faiblesses des gens. Vous ne saviez rien de lui. - Il est venu me voir et m'a demandé de porter le papier. Il semblait si innocent. Ayant autre chose à faire je lui ai demandé de cesser de m'importuner. Il avait beau insister je refusais constamment et me suis presque énervé. Il s'est alors mis devant moi, m'a regardé avec ses deux yeux profonds et m'a dit : « Vous avez deux petites filles, une de 5 ans et l'autre de 8, Laure et Isabelle. Elles jouent dans le jardin public près d'ici. Si vous n'y allez pas, je me chargerai personnellement de faire de leurs deux petits corps une ?uvre d'art de chair et de sang. » Il a alors sorti les couperets qu'il avait dissimulé sous son t-shirt et a commencé à jouer avec comme si les deux armes blanches n'étaient que de vulgaires jouets inoffensifs. Je me suis donc exécuté. - Je comprends. Il va nous falloir l'éliminer une bonne fois pour toutes. » Il y a des choses que l'on regrette dans sa vie et qui nous poursuivent petit à petit en grandissant jusqu'au jour où il nous faut les assumer. Marcus fait partie de celles-ci. Je ne pensais pas en arriver à de tels extrêmes. Mon téléphone sonne. J'espère que cette fois j'aurai droit à une bonne nouvelle. « Allo Daniel ? - Laurent ? Que se passe-t-il ? Cela fait un moment que je n'ai pas eu de tes nouvelles. - Ecoute Daniel, j'ai bien l'impression que Gordon veut nous baiser la gueule. Il a eu ce qu'il voulait et maintenant il s'en prend à nous. - Comment ça ? - J'ai appris pour Hervé, j'espère que tout va bien pour les autres. - Audrey est morte dans mes bras, sous les lames de Marcus. - Quoi ? Le petit enfoiré, il va falloir ruser si on veut pas qu'Ivan soit le prochain. - Il est à côté de moi. Il conduit. Nous nous rendons chez José dans le quartier franc. Il devrait pouvoir me fournir quelques outils. Où es-tu ? - Tu te doutes bien que je n'ai pas pu sortir de la ville. Je me cache. Je te recontacte bientôt pour vous rejoindre. » Il a peur, tout le monde a peur. Même Ivan qui semble être de glace, craint pour sa vie. Quant à Gordon c'est bizarre, je sens effectivement qu'il n'est pas net mais l'appel de Laurent ne me rassure pas à ce sujet.
6月22日 Parfois j'ai l'impression de ne laisser sur mon passage que des cadavres, le cheval d'Attila passait et l'herbe ne repoussait pas, moi c'est la vie qui ne repousse pas là où je vais. Oui, ce petit monstre est différent, c'est indéniable, trop différent même. Je ne comprends toujours pas ce qui a réussi à l'amener à nous. Il sait donc tout et c'est ça qui m'inquiète. Fuis ton passé et il revient au galop. Il est trop tard pour paniquer mon pauvre Daniel, emmène la à la morgue, entrepose la à côté d'Hervé, clos tout et va-t-en. La logique d'Ivan était juste, il sera donc la prochaine cible. Oui, mais quand ? Il me faut garder un ?il sur lui. Je serai désormais son garde rapproché. Je me tourne vers lui. « Ivan désormais tu es en danger. Tu ne me quittes plus d'une semelle même pour aller aux toilettes, compris ? - Bien, Daniel. Il faut partir maintenant. Mais que fait-on de lui ? Le vieil homme me regarde d'un air implorant, je n'ai pas le courage de lui refuser mon aide. - Il vient avec nous, il ne faut pas perdre de temps. » Nous embarquons donc le corps d'Audrey emballé dans un linceul de fortune constitué d'une nappe trouvée dans une armoire et le plaçons dans le coffre. Ivan prend le volant, je prends l'ironique place du mort et le vieux passe à l'arrière. Nous devons rester soudés ou c'est ce gamin qui nous dessoudera. 6月21日 23 h15 Des bruits se font entendre dehors. Audrey est dans la cuisine tandis qu'Ivan lit un journal dans un fauteuil. J'attrape la pioche et me lève délicatement. Je m'avance vers la fenêtre et observe. Apparemment rien de bien méchant mais je reste sur mes gardes. Soudain un homme apparemment assez âgé vêtu d'un long manteau gris s'avance et sonne à la porte. Audrey s'avance et ouvre la porte. « Bonsoir, fait l'homme. - Désolé mais le cabinet est fermé. - Je ne viens pas pour ça. Tenez. » L'homme lui tend un papier plié en deux. Audrey l'ouvre et l'observe avec la plus grande attention. Elle semble médusée. Ivan observe la porte du coin de l'?il, il n'a pas confiance. Quant à moi je me poste derrière Audrey. Mais mon manque d'attention est une grave erreur. En effet son immobilisme la rend vulnérable, tant et si bien que sorti de derrière un buisson, Marcus refait surface et balance ses lames à la gorge de la malheureuse. Elle tombe dans mes bras comme une feuille en automne. Une telle blessure lui est fatale. Ivan ne peut que constater l'ampleur du désastre. Il reste à couvert, des fois que Marcus soit aussi décidé à faire d'une pierre deux coups. Le vieil homme était donc son complice. Je le regarde avec une rage presque incontrôlée. « Ne lui en voulez pas docteur Carmin, dit Marcus. Je lui ai fait du chantage vis-à-vis de sa famille. C'est tellement facile de manipuler les gens. Il n'a fait que sauver les siens, temporairement en tout cas. » Tu es diabolique Marcus, ta logique me dégoûte. Je me penche un peu et ramasse le papier qui a suscité tant d'attention. Le plus étrange est qu'il ne contient qu'un mot : MA. J'avoue ne pas comprendre non plus, en quelques minutes seulement les choses se sont encore accélérées. Je pensais pouvoir la protéger mais apparemment ce gamin rivalise de génie afin d'arriver à ses fins. Comme d'habitude, sans tristesse et sans joie le meurtrier tourne les talons et se dirige vers la rue. « Attends, crie-je. Tu ne peux pas partir comme ça. Il marque une pause un instant et se tourne vers moi me lançant un regard dédaigneux. - Oseriez vous prétendre que vous allez m'en empêcher docteur ? Non, bien sûr que non. Vous n'avez aucun moyen de me stopper. - Tu finiras comme tes prédécesseurs, Marcus. Comme tous les autres? - La ferme !! Je suis bien meilleur que tous ces prototypes, ces rejetons de la création. Je vous l'ai encore démontré ici. - Ta folie te perdra. - C'est la votre et celle des autres qui sont responsables de ce que je suis. Ayez le courage d'assumer vos actes et de voir que certains évènements échappent à votre contrôle. » Il repart me laissant sans voix, le corps froid d'Audrey dans les bras avec ce vieil homme debout devant moi qui pleure les larmes de son corps de ne pas avoir pu éviter le meurtre. Après tout il n'a été que la victime du terrible jeu de massacre de Marcus. 6月17日 Le parvis de la maison est assez grand et flanqué de 2 grandes colonnes en chêne surmontées par une avancée sur le toit protégeant l'entrée. Sur la porte est insérée une plaque indiquant : Audrey Allard Analyses Médicales Du Lun au Ven 8h30 ? 19h00 Alors tu as continué Audrey, comme nous tous. Tu étais pourtant faible mais passer par là t'as rendue plus forte. Nous sonnons à la porte. Au bout d'une minute quelqu'un nous ouvre, une femme blanche, environ 30 ans, cheveux noirs plaqués en arrière et des yeux d'un très beau bleu. « Bonjour Audrey, dit Ivan. La surprise se lit sur son visage, elle semble avoir vu un fantôme. - Nous devons te parler de toute urgence poursuit-il. - Allez-y, entrez, cela fait trop longtemps que l'on ne s'est pas vu ni parlé. - Il valait mieux, dis-je. Avec ce qui s'est passé. - J'essaie chaque jour de plonger mon passé dans l'oubli, prononce Audrey. Analyser des fluides humains ça m'aide un peu à oublier que je le suis également. - Nous avons de sérieuses raisons de croire que tu es en danger Audrey, dit Ivan. Marcus est revenu. Tout à l'heure Daniel a reçu le corps d'Hervé à la morgue, son bide était ouvert à grands coups de lames. Nous sommes persuadés que tout ça est en rapport avec le laboratoire 151. Et connaissant Marcus il y'a de fortes chances pour que tu soie la prochaine. - Et que comptez-vous faire ? - Te protéger. - Plus facile à dire qu'à faire vous ne croyez pas ? - J'ai vu que tu entretenais ton jardin, tu as des outils pour ça ? - J'en ai mais je m'en sers rarement, je fais le strict minimum, tondre la pelouse etcetera? - Où les entreposes-tu ? - Au garage comme tout le monde. - Daniel, va voir ce que tu peux trouver d'utile. » Je sors donc de la pièce et me rend au garage où je trouve quelques outils qui prennent la poussière. Je décide de prendre une pioche et un sécateur et m'apprête à passer encore une nuit très longue. 6月15日 « Voilà que je te sauve la mise Daniel, dit Ivan. - Un peu plus et ils m'auraient embarqué. - Des clowns avec des balles à blanc ? Moi qui croyait que tu étais plus rusé que ça quand même? - Leur arme, elle, n'était pas factice. - Ca je l'ai bien vu, elle pesait son poids. - Et maintenant où va-t-on ? - Tenter de protéger une amie commune. - Audrey ? - Elle-même. - Mais qu'est-ce que? - Après notre entretien téléphonique j'ai repensé à un élément clé. Le gamin, il t'a parlé ? - Oui. Pourquoi ? - Que t'a-t-il dit ? - Que je serai le 10ème sur sa liste et que je complèterai le 4ème cycle. Je ne vois pas vraiment ce qu'il veut dire. - Humm le 4ème cycle, c'est plutôt logique mais le 10ème sur la liste j'avoue à avoir du mal à situer. Tu crois qu'il blufferait pour te faire peur ? - Possible. Audrey pourrait peut-être nous en dire plus. - Cet enfant est hors de contrôle. Et dire que nous en sommes en partie responsable. - C'est faux Ivan, tu le sais. Il n'aurait pas dû être ainsi. - Oui je sais» La route défile devant nous au rythme de nos paroles. Nous arrivons chez Audrey quelques minutes plus tard. 6月14日 Il faut que je trouve une alternative. Ca se présente vraiment mal pour moi. « Ecoutez, je n'ai pas tué ces gens. - Toi non, mais tes complices oui. - Mais je n'ai pas de complices. - Et comment aurais-tu changé de vêtements alors ? Tu aurais dû être couvert de sang mais tu réapparais propre et dans d'autres vêtements. Et tu n'es pas passé chez toi, on avait posté quelqu'un pour s'en assurer. » Bravo, la confiance règne. Je n'ai aucun moyen de les mener à l'assassin, Marcus et un électron libre. Je suis sur la planche de salut et m'apprête à les suivre quand une voiture fait irruption derrière moi et s'arrête net. Je me retourne. C'est Ivan. Il sort de la voiture et avance vers les deux comparses comme s'il n'avait pas vu l'arme. « Qui êtes-vous, prononce Léo ? Ivan entame alors ce que je l'ai vu faire des mois durant, une longue sérénade. Ses grands yeux verts se fixent sur ceux de Léo avec calme. Il se met alors à lui parler. - Calme, calme. Cette arme n'a rien à faire là. Vous ne vous sentez pas très bien avec ce genre d'objet d'ailleurs. Vos mains n'ont qu'une envie, s'en débarrasser. Vous n'aimez pas cet objet, il n'est pas à vous. Vous le lâchez. Petit à petit vos doigts se desserrent. » Durant son discours je vois petit à petit Léo lâcher le flingue. Ivan Renfield l'hypnotiseur joue son rôle à merveille. Il prend l'arme en question, met le chargeur dans sa poche la rend à Jean-François médusé de voir un tel tour se produire sous ses yeux. Ce type pourrait hypnotiser une vache et la forcer à faire du whisky à la place du lait. « Maintenant messieurs excusez ?nous mais nous avons d'autres chats à fouetter, poursuit-il. Monte dans la voiture Daniel. » Je me dirige vers la voiture et monte. Ivan me suit, s'installe au volant et démarre. Lemuet et Tannenbaum nous regardent partir interdits. Je crois qu'ils ont compris que la violence n'est pas mon fort. Ils vont devoir trouver un autre coupable mais la vérité leur est inconcevable. 6月13日 La situation s'est brutalement accélérée ces dernières 24 heures, c'est beaucoup pour un seul homme. Dans ma tête je repasse les évènements qui se sont produits, ma visite au centre médico-dentaire, la visite de Jeremy et ses amis, leur mort, le passage à l'ancien laboratoire, la mort d'Hervé, le coup de fil d'Ivan et cette visite chez M. Gordon. Parfois je me dis qu'une balle dans la tête sauverait peut-être mon âme mais je parierais même que Marcus me couperait la main tenant le pistolet afin de se réserver ma mort. Il se veut mon assassin c'est certain. A la télé on commente la mort de Jeremy, on parle de corps mutilés à l'arme blanche et on ne comprend pas ce que vient faire le mannequin derrière le camion. Parfois une théorie simple ne nous apparaît pas comme évidente. En tout cas si sa veuve regarde la télé je crois que les larmes doivent pouvoir remplir une piscine. Le truc c'est qu'officiellement on ne sait pas ce qu'ils foutaient là, probablement partis faire un déménagement. L'idée de capturer un homme pour le livrer à la police avec un flingue n'est pas vraiment réglementaire alors on camoufle avec des scénarios qui correspondraient à peu près. Le truc c'est que si la police n'a pas retrouvé l'arme ça signifie que les autres sont encore à ma recherche. A peine le temps de penser ça qu'au tournant d'une petite rue m'attendent Lemuet et Tannenbaum. La rage dans les yeux ils ont le flingue de Jeremy, Jean-François me vise et le connaissant je le vois mal rater sa cible, quoique sous l'emprise de la colère on fait beaucoup d'erreurs. « Oups, dis-je. - Carmin, espèce d'enflure cette fois-ci on te loupera pas rétorque Tannenbaum. - Vous êtes tenaces à ce que je vois. Avec quoi aurais-je tué vos collègues ? Mes ongles peut-être ? - T'es plus rusé que ce qu'on pensait. Tu as des complices qui savent où tu vas. Pourquoi tu les a tués ? Merde. Ils ne t'avaient rien fait de spécial, t'aurais pu te barrer sans les refroidir. » Décidément je crois que le dialogue va être difficile. Et s'ils décident à nouveau de me livrer aux flics le carnet d'assassinat de Marcus risque encore de s'agrandir. 6月11日 Après l’autopsie d’Hervé je décide d’aller voir le directeur de la clinique Jean Bron, M. Gordon. C’est par lui que passaient tous les ordres. Je monte jusqu’à son bureau au 15ème étage et toque à la porte. Une voix m’invite à entrer, je m’exécute. Son bureau est grand, très grand. Le genre de bureau dans lequel on se sent petit et ce par le jeu de lumières et de formes. Ici je suis la souris et lui le chat qui me regarde avec un air vicieux en se demandant à quelle sauce il va me manger. Une bibliothèque sur la droite expose des centaines de livres de biologie, de chimie, de médecine et de médecine. Sur une des étagères j’aperçois un chandelier avec 7 emplacements. Il manque la bougie la plus à gauche. « Asseyez-vous, dit-il d’une voix doucereuse. Dites moi ce qui ne va pas. Après tout nous sommes entre amis. - Je viens de recevoir le cadavre d’Hervé Miller à la morgue, voilà ce qui ne va pas. - Des tas de gens meurent tous les jours, je ne vois pas en quoi cela changerait. La mort de votre ami vous affecte je l’entends bien mais le cycle naturel se poursuit. - Je crois que sa mort est liée au laboratoire 151. - Vous délirez Daniel, Hervé a du se faire agresser par un délinquant qui voulait lui piquer son portefeuille tout au plus. Je ne vois pas ce qui pourrait vous laisser penser que le laboratoire soit impliqué dedans, il n’a officiellement jamais existé et rien ne permettrait de le laisser penser. - Oui mais… - Quelque chose vous perturbe Daniel, je le perçois. N’y pensez plus. Tout va s’arranger vous verrez. Je peux vous conseiller différents collègues en cas de problème. - Marcus est réapparu, et il ne semble plus tuer au hasard. Il veut choisir ses victimes, les attirer jusqu’à lui et jouer avec elles. - C’est effectivement problématique Daniel mais la police l’arrêtera bientôt et tout sera terminé. Quelque chose me gène dans son énoncé. - Vous ne risquez rien, je vous assure, reprend-il. Vous pouvez dormir tranquille. » Il parle comme un politicien et ça me gène. Sans un mot je me lève de mon siège et sors du bureau. Foutus arrivistes, vissés à leur siège et décidés à ne pas en bouger un seul instant. Il est vrai que rien ne pourrait laisser penser à priori que tout ça soir lié au laboratoire mais j’en suis persuadé et apparemment Ivan l’est tout autant. 6月10日 En rentrant j’ai le cœur lourd. Nous sommes menacés. Hervé a été le premier à en subir les conséquences. Mais si nous avons abandonné le laboratoire 151 c’est bien parce que nous étions allé loin, trop loin. Nous nous étions autrefois promis de tous nous rappeler de cet élément commun, Hervé par un tatouage, Rémi par le massif de fleurs… Quant à moi j’avais fait poser un fond à ma montre sur lequel s’inscrivaient les trois chiffres. A chaque fois que je regarde l’heure je me souviens de cette époque. Nous étions 6, notre activité n’existait officiellement pas. Le laboratoire 151 était bien camouflé au creux d’un lotissement tranquille et non au cœur d’un centre de recherches. Nous avons tout abandonné après avoir commis une grave erreur. Tous les documents de recherche ont été incinérés, les preuves maquillées à l’extrême et la maison remaniée de manière à ce que personne ne puisse se douter de quoi que ce soit. Non, décidément personne n’a pu découvrir ce qui s’est passé un soir de Novembre dans cette petite maison. 6月9日 Il me faut garder mon calme impérativement. Trop de choses arrivent quand les gens font des erreurs et la mort d'Hervé n'est certainement pas un hasard. On veut me mettre face à mes torts. Je ne cèderai pas, j'ai déjà confessé mes erreurs et suis reparti sur de nouvelles bases. Je crois qu'il n'y a rien à tirer de plus que ce qu'on connaît déjà. Il a été retrouvé dans les toilettes d'un centre commercial. La dame pipi a alerté la police quand elle a entendu un bruit de bagarre du côté des hommes. Mais le temps que les autorités arrivent il était trop tard, le malheureux avait perdu trop de sang, méthodes de boucher. Au final la vue de corps mutilés ne me fait plus rien. Le milieu médical est peuplé d'arrivistes et vous devez assurer vos arrières si vous voulez pouvoir arriver au plus haut. Mon métier n'est pas des plus beaux mais j'ai l'avantage de la sécurité, peu de gens aiment côtoyer les cadavres en permanence. Parfois je me demande ce qui pousse mon assistant à bosser pour ce genre de truc. Il est jeune, il a une copine plutôt mignonne et déborde d'énergie. Il mériterait mieux que ça. Il est un peu mon opposé. Le Yin et le Yang travaillant ensemble dans une morgue sordide. Je ne sais pas si ça ferait un beau tableau. Mon téléphone sonne. Je sors pour recevoir l'appel. « Allo. - Salut Daniel, c'est Ivan. Rares sont ceux qui me tutoient et encore moins qui m'appellent par mon prénom. A l'autre bout du fil se trouve Ivan Renfield. - Salut Ivan. - J'ai appris pour Hervé, la nouvelle m'a sacrément affecté. - Je te rassure moi aussi. Tu crois que? - Non, me coupe-t-il. Il ne sait rien. Il n'en aurait même pas conscience. De plus nous réunir serait une très mauvaise idée. - Mais on ne va pas rester sans rien faire. - Tu sais où est Laurent ? - Non, je n'en ai pas la moindre idée. - Tant mieux. Personne ne doit le savoir. Et s'il a quitté la ville voire le pays alors il est en sécurité. - Mais? - J'ai un mauvais pressentiment Daniel. Qui sème le vent récolte la tempête. Aujourd'hui c'est à notre tour. Sa voix dénote une inquiétude certaine. - Trop de sang coule, je sais. Mais nous sommes impuissants face à ça pour le moment. - Je cherche une solution et je te recontacte. Prends soin d'Hervé afin de lui offrir un semblant de dignité pour la fin. - Bonne journée Ivan. » 6月8日 Hervé Miller, c'est le nom de l'homme qui se trouve allongé sur la table. Il est pale, froid et très silencieux, ça ne change pas énormément de son habitude. Hervé n'a jamais été un moulin à paroles de son vivant il préférait la pratique à la théorie. Il aimait passer des heures à travailler. Il n'empêche qu'il a été un élément moteur parmi le groupe. 6 éléments de pensée réunis ensemble. Un projet plus qu'ambitieux mais surtout destructeur. Je commence l'enregistrement. « Hervé Miller, 1m70, 65 kilos, couleur de peau blanche, cheveux blancs. Signes particuliers : tatouage sur la poitrine représentant le nombre 151, tache de naissance sur le dos de la main droite. Heure présumée du décès : 13h 43. Le sujet s'est vidé de son sang suite à une entaille profonde au niveau du ventre. Il semble avoir agonisé un moment. » Et dire que je me demandais où il étais passé durant toutes ces années. Et pourquoi toi ? Ce ne peut être pour te voler ton argent, tu étais le pire dépensier que je connaisse et n'avait plus rien selon le rapport de police. Qui pourrait t'en vouloir ? Le laboratoire 151 aurait donc été percé à jour ? Si c'est le cas il me faut savoir comment. 6月7日 Ce ne peut être une coïncidence, trop de détails se recoupent. Je dois partir d'ici avant qu'elle ne commence à imaginer trop de choses à mon sujet. De plus je n'ai pas envie qu'elle croie à son tour que j'ai tué le petit Joris, son père et les autres hommes présents dans le camion. Les concours de circonstances s'accumulent contre moi et je ne peux même pas m'exiler ou Marcus me rattraperait facilement, il a toujours un ?il sur moi. Je crois que je suis condamné à être haï mais c'est le prix à payer pour ce que j'ai fait. « Je vous remercie de votre hospitalité, dis-je. Je ne vous retiens pas plus longtemps. - Cela ne m'a pas dérangé plus que ça. Et puis bon, je suis une bonne poire, tout le temps à aider les gens. - En tout cas vous m'avez rendu un grand service. Je dois partir, j'ai des affaires à régler. » Elle me raccompagne jusqu'à la porte et me quitte sur un sourire. Si elle me connaissait mieux elle ne ferait pas cette tête. Je vais me rendre à la morgue. Depuis ce matin je côtoie la mort fréquemment alors mon espace de travail ne devrait pas trop me dépayser. J'en ai pour 2 bons kilomètres de marche. J'arrive sur place où le garde me salue. Après avoir présenté mon badge il me laisse entrer. J'accède au vestiaire, me change, prends les mesures d'usage et accède enfin à la morgue. Mon assistant m'apporte le nouveau corps à étudier. Nous observons toujours le plus grand silence. C'est notre manière de respecter les cadavres qui nous arrivent. Je ne parle que pour effectuer le minimum nécessaire : poids du défunt, couleur de peau, séquelles corporelles, heure du décès? En ouvrant le sac mortuaire j'avoue retenir un haut-le-c?ur. Le mort qui s'y trouve n'est autre qu'un de mes vieux amis et sur sa poitrine est tatoué en gros le nombre 151. 6月4日 Je redescends au salon où Rose m'attend avec du café, du sucre, du lait et des gâteaux. Charmante attention de sa part. Je la remercie et me sert une tasse, le silence entre elle et moi semble se poser comme une évidence. Après tous ces événements un peu de repos et de calme me fait le plus grand bien mais je me dis aussi qu'il se peut que ce ne soit que le calme qui précède la tempête. Je brise la glace. " Votre mari est absent ? - Il est parti en voyage en Allemagne avec nos deux filles, moi je dois rester là pour travailler. - Je vois. Dommage, en général les familles partent en vacances ensemble. - On ne m'a pas accordé mes congés et il fallait que nos filles partent un peu, les pauvres. En dehors de ça elles ne quittent jamais le coin. - Où travaille votre époux ? - Il est infirmier à la clinique Jean Bron. - Ah je ne travaille pas très loin. Je le connais peut-être. - Probablement, il s'appelle Rémi Ulrich. " Ce nom a du mal à passer dans mes oreilles. J'essaie de cacher ma surprise mais visiblement Rose a compris que ce qu'elle vient de dire m'affecte. Faisant comme si elle n'avait rien remarqué elle poursuit : " C'est un homme formidable qui adore le jardinage, avant les vacances il s'est occupé d'un massif de fleurs dans le jardin, il en a planté? - 151 exactement, n'est-ce pas ? - Oui, c'est bien cela. Comment avez-vous su ? - Ce n'est rien, un vieux réflexe. " 6月3日 Cet endroit est vierge de tout soupçon, et pourtant... Je décide quand même d'aller prendre une douche. Après tout il me faut oublier tout ça et aller de l'avant, surtout que le temps m'est compté et que ma prochaine rencontre avec Marcus risque d'être la dernière. Je me sens plus ou moins en sécurité ici et en même temps je le regrette. Oublier, il faut que j'oublie, tout ça n'est qu'un mauvais souvenir. Le problème est que ce gamin n'est pas ce qu'il aurait du être. C'est une erreur. Stop. Arrête ça Carmin, tu ne pouvais rien faire. Le flot de souvenir s'arrête peu à peu à mesure que je me déshabille. La douche me fait du bien et me délasse un peu. En sortant je prends quelques affaires. Je ressemble à un ouvrier de chantier mais ce n'est pas grave. Au moins je suis beaucoup moins soupçonnable. Je m'approche de la fenêtre proche de la baignoire, j'y aperçois un champ de maïs qui s'étend à perte de vue. Il n'était pas là avant, il n y avait aucune forme de culture. Ce n'était qu'un simple champ laissé en jachère et sa présence était une aubaine pour moi et les autres. Nous pouvions y cacher nos " péchés " comme nous les nommions. Oui, je connais cette maison. Elle est mon Styx, mon passage vers les enfers. Il me faut repartir d'ici où je crois bien que je vais sombrer petit à petit dans la folie. 6月2日 J'apprends chaque jour à me méfier de mon environnement sans pour autant rentrer dans la paranoïa mais je reconnais cet endroit, chaque meuble, chaque pan de mur. J'ai habité ici, oui, mais quand ? Cette sensation étrange de déjà-vu intense ne me mets que plus mal à l'aise. La femme me demande : " Que puis-je vous offrir à boire ? - Un café suffira, réponds-je. - Au passage je m'appelle Rose, et vous ? - Docteur Carmin, médecin légiste à la morgue de Dansville. - Un médecin légiste couvert de sang. Vous vous êtes battu avec un mort-vivant ? Sa tentative pour me faire sourire rate son objectif, une prochaine fois peut-être. - Allez prendre une douche, vous trouverez des affaires que nous n'utilisons plus dans la penderie à droite de la douche. On comptait les donner à un organisme de collecte alors si ça peut vous aider? - Merci d'avance." En montant les escaliers j'observe les alentours et mon regard s'arrête lorsque j'atteins la dernière marche. Je ne sais pas trop pourquoi mais mes jambes refusent d'avancer. L'étage ne ressemble en rien à ce que je croyais connaître de cette maison. Ces murs ne devraient pas être là. Ces chambres? Ils ont rebâti par dessus. Ils ont voulu effacer toute trace de ce qui s'est passé ici.
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